La créativité de Midelt a sa place ici. Découvrez, partagez, proposez.La créativité de Midelt a sa place ici. Découvrez, partagez, proposez.
Par Dr. Michael Peyron · 5 min de lecture · Écrit le 07/11/2026
Le nom Midelt (< Timidelt, « couvercle » en tamazight*), est lié à un témoin d’érosion tabulaire, du style gara, situé à une dizaine de kilomètres à l’ouest de l’agglomération actuelle – interprétation assez largement corroborée dans la région.

Quant à Outat, les avis diffèrent. Pour Amina Aouchar (p. 21), le terme est d’origine arabe et signalerait un « terrain plat », bien que le toponyme soit prononcé [uḍaḍ] par les populations berbères locales. C’est sans doute cette emphase du /ḍ/ qui fait dire à Mohamed Mouhib (p. 21), que le terme serait dérivé de aḍaḍ (« doigt »). En effet, nous dit-il, les Ayt Izdeg se nommaient les Ayt Oudad « parce qu’ils choisissaient leurs invités étrangers à l’index »

Ville étape entre le Moyen et le Haut-Atlas, Midelt est situé en bordure de l'ancien triq es-ṣṣelṭan, principale voie de communication du Maroc oriental entre les anciennes capitales impériales de Meknès et Fès, et le Tafilalt, berceau de la dynastie alaouite. Sous sa forme moderne, la ville est une création artificielle du Protectorat (Peyron 1994, p. 71). En 1917, lors de la poussée militaire en direction du Sud-Est marocain, Lyautey ordonna l’installation d’un poste attenant aux ksour (Mimlal, ‘Athmane ou Moussa, Ighremjiwn, Bouzmella, Tachaout, et autres) de la vallée de l’Outat, majoritairement peuplés d’Ayt Izdeg. Site au climat relativement agréable, ses chaleurs estivales sont atténuées par la proximité de l’Aari-n-ou ‘Ayyach (3.747 m), et de l’Asif Outat dont les eaux irriguent généreusement les nombreuses emblavures des ksouriens riverains. Au moment de la conquête de l’Atlas, Midelt est devenu un maillon indispensable dans le cordon de places fortes matérialisant la jonction avec le Sud-Est marocain tant souhaitée par Lyautey (Doury 2008). Il s’agit de contourner, voire isoler l’irréductible « bloc zaïan », principal obstacle à l’expansion coloniale de l’époque. Depuis, Midelt a conservé un certain cachet de ville bordurière, à la limite de la steppe et de la haute montagne, à la fois centre minier en sommeil et gros caravansérail sur une des principales voies touristiques du pays, la RP 21.
Historique

4Lors du haut Moyen-Âge marocain, bien que la vie y fût rude, la vallée de l’Outat faisait figure de terre relativement accueillante dans l’immensité steppique de la Moulouya. Période marquée par la poussée Sud-Est/Nord-Ouest de remuantes tribus nomades d’origine sanhaja qui a agité la région entière (Mezzine 1987, Hart 1993). Depuis le XIIe siècle (Aouchar, p. 20), on signale des populations dans la vallée, dont la présence est probablement liée aux greniers collectifs, nécessaires au stockage du blé et autres provisions. Du reste, une procession de peuplades pastorales transitera par la vallée, ou l’occupera de façon semi permanente : des tribus zénètes (Xe/XIIIe siècles) ; les Bni Hssen (XIIIe/XVe siècles), nomades arabophones cheminant vers le Gharb ; puis ; vinrent de nouveau des transhumants guerriers de langue amazighe, les Ayt Idrassen (XVIIe/XIXe siècles) ; enfin, de 1850 à nos jours, les Ayt Izdeg, considérés longtemps comme porte-drapeaux de la confédération des Ayt Yafelman.

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