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Par Aziz Aouragh · 5 min de lecture · Écrit le 30/11/2025
La Balade d’un enfant

Dans les années soixante-dix, il devait avoir à peine 8 ans.
Il était haut comme trois billes, joufflu.
Un petit nouveau dans le quartier.
Entre Midelt et Aouli, son royaume d’enfance,
Courait, tournait, dans une douce insouciance.
Les billes, les toupies, c’était son univers,
Un champion sans égal, un As sans adversaire.
Les enfants du quartier, lassés de perdre sans fin,
Le laissaient seul, vainqueur, mais le cœur orphelin.
Alors il s’aventurait, curieux, dans les ruelles, quartiers attenant !
Cherchant d’autres rivaux, des parties nouvelles.
Un jour, il les a vus, un groupe d’ado,
Leurs billes brillaient au sol, comme des petits perles.
Demande à jouer, ils rient, le prennent pour un bleu,
Mais quelques heures plus tard, il était le maître du jeu.
Les poches débordaient, le pantacourt descendait,
Une main au slip, l’autre au triomphe, il tenait.
Les femmes du quartier riaient, assises devant leur porte,
Lui, rouge comme une tomate, la dignité en déroute.
Mais la gloire fut brève, car deux grands lui barre le chemin,
« À boule les billes, si tu veux passer ! »
Une balafre sur la joue, des voix rocailleuses,
Trésor rend, les larmes en plein jour.
À la maison, il fait le fier, bombe le torse,
Mais la mama lit dans ses yeux, comme dans un livre.
« Je t’avais prévenu, ne t’éloigne pas trop… »
Sa voix douce le berce, comme un vieux chant Amazigh.

@Aziz Aouragh
Le 30-09-2025.

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