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Quand la mer gronde

6 Février 2018

Nous étions partis pour Antibes dans l’espoir de trouver le soleil absent de Paris depuis un bon mois. La tempête nous attendait. C’est beau la tempête et ça fait réfléchir.

 

Pas loin de ma fenêtre, un vert palmier s’agite

Comme un fou. Les mouettes se terrent. Démontée

La mer, dans un fracas d’écume, s’excite

Contre le vieux rempart furieusement heurté.

La mer, la mer, a pris son visage d’hiver

Gris, écumant, roulant des flots envahissants,

Qui submergeraient bien la terre toute entière

Si la gravitation ne freinait ses élans.

Alors à quoi bon enrager de la sorte

Ô mer qui peut si vite s’apaiser et séduire.

Oui, toi la grande bleue, si douce, si accorte,

Pourquoi donc, avec moi, aussi mal te conduire ?

C’est vrai, je ne suis rien qu’un flâneur solitaire,

L’infiniment petit d’une engeance assassine

Qui par tous ses déchets rend tes eaux bien moins claires

Et par ses faims ogresses tue ta faune marine.

Mais je ne suis pas seul à être ainsi songeur

Nous sommes des millions conscients que ta survie  

Dépend de nos actions, mais les accapareurs

Encouragent à tout va nos funestes envies.

Ô mer pardonne-moi, pardonne-leur aussi.

Nous ne savons toujours pas ce que nous faisons.  

Mais nous t’aimons c’est sûr comme on aime la vie

Et si un jour tu meurs, nous tous aussi mourrons.

La mer, la mer, a pris son visage d’hiver

Gris, écumant, roulant ses vagues de colère

Jean Bertolino

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