Nous avons 73 invités et aucun membre en ligne

Lundi - Sem. 25 2 1 Juin Eté KGibbeuse croissante
Seul l'homme malhonnête se laisse corrompre.

Article à lire

Héroïne du quotidien

22-05-2015 Hits:2100 Michel ETIEVENT Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

J’ai dans ma galerie de personnages, une femme que j’ai toujours révérée. Une anonyme qui aurait pu dormir au Panthéon ou sur la couverture d’un livre d’histoire. Elle s’appelait Emilie...

Read more

Aujourd’hui allons au Pakistan

19-11-2018 Hits:2818 Jean BERTOLINO Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

Asia Bibi Maudite religion que celle qui refuse A une jeune femme l’accès d’une fontaine Prétendue sacrée par des croyances obtuses Et que l’on interdit à l'immonde chrétienne. Maudite religion qui pousse deux musulmanes...

Read more

Gare aux vipères

20-02-2019 Hits:1903 Jean BERTOLINO Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

Gare aux vipères ! Une sanie puante est venue entacher Le jaune printanier arboré par des gens Qui en ont assez de vivre comme des indigents Et par taxes ou impôts de se faire...

Read more

Le rossignol de la chanson amazighe

07-03-2020 Hits:1653 Actualités Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

  En effet avec sa voix douce, mélancolique et mélodieuse, Maghni a fait ses premières pierres dans la musique amazighe depuis les années 70 où une pléiade d’artistes s’est lancée dans...

Read more

Les sentiers de la guerre

20-02-2019 Hits:2007 Jean BERTOLINO Aouragh Aziz - avatar Aouragh Aziz

Mes nuits, comme la machine à remonter le temps, Me plongent dans des époques à jamais révolues. Je revois les pays comme ils étaient avant, Côtoie des personnages aujourd’hui disparus. Avant était-ce mieux ? Me...

Read more
FaceBookTwitterGoogle+Instagram

S'UNIR

MICHEL ETIEVENT

 

Héroïne du quotidien…


S’il fallait portraitiser une héroïne du quotidien, mon choix n’irai pas vers celles qui brillent le temps d’un feu de paille ou d’une photo sur Voici.

J’ai dans ma galerie de personnages, une femme que j’ai toujours révérée. Une anonyme qui aurait pu dormir au Panthéon ou sur la couverture d’un livre d’histoire. Elle s’appelait Emilie. Issue de « gens de peu », elle était née en Haute Tarentaise comme on naissait au seuil du vieux siècle. Dans un champ, d’un ventre de mère elle aussi vouée aux visages froissées des aubes de champs.
C’était un temps où seuls les durs résistaient. Il me semble encore entendre sa voix : « Si ça faisait pas, on en faisait un autre ! » disait-elle avec ce sourire qui ourlait ma vie. Sa mère, paysanne, l’avait ramenée dans un tablier et laissé au bord de l’âtre, parce qu’elle devait impérativement rejoindre les prés pour doubler l’orage. Comme le disait E. Carles dans son beau livre « une soupe aux herbes sauvages » le futur d’un pré était alors plus important qu’un avenir d’enfant". D’une fille surtout…. Emilie grandit entre alpage et étable dans un univers de mots simples qui dorment dans le dictionnaire des humbles. « Des fois, le soir, dans ma cahute de bergère, sous la voie lactée, j’essayais de compter les étoiles. Enfin, j’apprenais à calculer comme ça quoi ! » Sa vie sera pointillée de ces travaux de montagne qui vous accablent dès l’enfance. Elle n’ira pas à l’école ou si peu. Les jours de neige peut-être quand la terre ne réclame plus son lot de corps pliés. Un peu de grammaire sous les nuages, un rien de calcul en comptant les jours de cafard qui reste à vaincre avant de revoir son hameau. Le sentier, les chèvres à surveiller.
Forcément, il y aura un promis rencontré au clair d’un été ou allez savoir au velouté d’un accordéon quand au gré d’un tango on se murmurait par dessus l’épaule des amours de promesses. Un autre chemin fait d’enfants à aimer. Un jour, le compagnon se perdra dans les vertiges d’une maladie voleuse de vie et Emilie restera au bord d’une route qu’il lui faudra poursuivre seule. Avec sept enfants à charge. Viendront les horaires infinis entre l’usine et le lopin de terre à féconder, le linge à frotter, les ménages à assurer pour plus de soleil au fond de la fiche de paie, les enfants à faire pousser. « J’aimais bien quand ils apprenaient leurs leçons au coin de la toile cirée où j’épluchais les légumes. J’aurais tant aimé leur ressembler. Tu ne peux pas savoir ce que c’est que de ne pas savoir ! », me confiait-elle parfois. Un impossible pari de femme qui vous fait sans cesse vous demander ce que vaut le prix d’une existence. « Il me semble avoir toujours été vieille ! » disait-elle.
Il y aura la guerre aussi. Elle y frôlera la terreur pour avoir passé au maquis des mots d’espoir dans le guidon de son vélo ou sous les sabots de la mule. Elle ne sera pas décorée et n’aura comme promesses que celles qu’il lui fallu assumer pour l’avenir de ses enfants. Leur donner le sens de la dignité entre les fins de mois à espérer et l’appétit de les voir grandir dans une autre histoire que la sienne. Aucune pause pour prendre un peu soin de soi, lire, rêver, pourquoi pas. Juste des sourires pour confier à ceux qu’elle aime cet insatiable goût de vivre. Un résumé de vie qui tiendrait au creux d’une main. Le poids d’un destin dans les lignes ridées où nous avons grandi tranquillement. L’espoir au bout du cœur. Le sien….Le mien…

MICHEL ETIEVENT
{jcomments on}

709677
Aujourd'hui
Hier
Ce Mois
All days
421
400
10806
709677

Votre IP: 34.236.187.155
21-06-2021

 Le respect de votre vie privée est notre priorité

Sur midelt.fr, nous utilisons des cookies et des données non sensibles pour gérer notre site.
A quoi nous servent ces cookies ?
Ils nous permettent de mesurer notre audience, de vous proposer des contenus éditoriaux et services plus adaptés et vous permettent de partager nos articles sur vos réseaux sociaux comme Facebook.
Cliquez sur le bouton pour valider votre consentement sachant que vous pouvez modifier vos préférences à tout moment sur notre site.