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Mercredi - Sem. 3 2 0 Jan. Sébastien GPremier quartier
La grande chose de la démocratie, c’est la solidarité. La solidarité est au delà de la fraternité ; la fraternité n’est qu’une idée humaine, la solidarité est une idée universelle ; universelle, c’est-à-dire divine ; et c’est là, c’est à ce point culminant que le glorieux instinct démocratique est allé. Il a dépassé la fraternité pour arriver à l’adhérence. Adhérence avec quoi ? avec Pan ; avec Tout. Car le propre de la solidarité, c’est de ne point admettre d’exclusion. Si la solidarité est vraie, elle est nécessairement générale. Toute vérité est une lueur de l’absolu. Victor Hugo

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Jean Bertolino

Palestine, un jeu de dupe.


6 à 8 millions de palestiniens chassés de leurs terres au cours de 4 guerres meurtrières ce n'est pas rien. L'amalgame entre anti-sionistes et antisémites permet de faire passer tous ceux qui défendent la cause palestinienne pour des antisémites et hélas, ça marche. Certes il y a des arabes antijuifs, pas antisémites - ils sont eux-mêmes sémites - et je le regrette car ils contribuent à renforcer ce maudit amalgame. Il est bon de le redire haut et fort. On peut être antisioniste et ne pas être anti-juif. Il est loisible de falsifier l'histoire, mais la vérité finit toujours par apparaître. Le sionisme n’est pas né par hasard. Il y avait eu au cours du 19ème siècle et au début du 20ème les terribles pogroms russes d’Odessa (1821), de Bilhorod-Dnistrovskyï (1862), de Starrodoub (1891), de Koutaïssi (1897), de Nikolaïev (1889), et surtout de Kichinev (1903). Il est à remarquer que la majorité de ces pogroms eurent lieu en Ukraine où les fortes traditions antisémites ont permis plus tard aux nazis de recruter en masse des supplétifs pour assurer les basses besognes dans les camps de concentration.
Ces persécutions à répétition poussèrent certains intellectuels d’origine juive à envisager la possibilité de créer, pour leurs coreligionnaires menacés, une colonie de peuplement sur une terre accueillante, ailleurs qu’en Europe. Naturellement leur regard se porta sur la Palestine, ancienne terre du royaume de David et de Salomon où, dans l’antiquité, le peuple errant d’Israël, après avoir vaincu Cananéens et Philistins, avait fait souche.
Paradoxalement, l’un des pionniers de cette idée du retour à Sion (le mont Sion à Jérusalem) est un juif austro-hongrois né dans une famille libérale dont le père était un partisan de l’assimilation des juifs au sein de leur terre d’accueil. Theodor Herzl, journaliste, écrivain, dramaturge, appartenait à cette lignée d’intellectuels israélites qui, à l’image de Stefan Zweig, faisait partie de l’élite culturelle de l’empire autrichien et contribuait à son rayonnement.
En 1895, il est envoyé à Paris par son journal le "Die Neue Freie Presse", pour suivre l’affaire Dreyfus. Etre en France, dans « la patrie des droits de l’homme » le témoin d’une vague d’antisémitisme sans précédent, le confirme dans l’idée, qui lentement murissait en lui, de créer un pays pour les Juifs. En 1896 il publie « L’Etat juif », choisit naturellement comme lieu de prédilection la Palestine et invente alors sa fameuse formule : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Cette fois le mouvement sioniste à deux leviers: un livre et un leader. En se rendant à Jérusalem en 1900, force lui est de constater que la Palestine est tout sauf un désert et qu’un peuple industrieux y vit paisiblement depuis toujours : les Palestiniens. Foncièrement honnête, il fut tenté de renoncer à son projet initial, et, à l’instigation des Britanniques, d’envisager la création d’un foyer national en Ouganda ou en Argentine. Cette idée fit long feu. C’est son slogan formidablement mobilisateur qui eut le dernier mot.
La promesse de lord Balfour, Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, faite en 1917 à Lord Lionel Walter Rothschild, et connue sous le nom de déclaration Balfour, va officialiser ce choix :
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays ».
Le génocide nazi rendra la création d’Israël inéluctable. Un plan de partage de la Palestine est voté à L’ONU. Résultat : 25 voix pour, 13 voix contre, 19 abstentions. Il doit obtenir 2/3 des suffrages pour être accepté, ce n'est pas le cas. Les Etats-Unis, mécontents du résultat, font pression sur les « petites » nations récalcitrantes en leur octroyant des prêts (Haïti), ou encore par des menaces économiques (Libéria) afin de les obliger à adopter cette résolution. Le 25 novembre 1947 le vote est relancé : 25 voix pour, 13 contre, 17 abstentions, 2 absents. Il manque encore une voix. Usant de tout son pouvoir de grande puissance militaire du moment, le président américain menace de couper les vivres à la France, qui s'est abstenue, si elle s’obstine dans sa position. Après ce tour de passe passe, 4 jours plus tard, nouveau vote : le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 181 qui entérine la partition de la Palestine. L’ayant rejetée, les États arabes font savoir qu'ils s’y s'opposeront par la force. Depuis, toute la région brûle et les passions engendrées par la question israélo-palestinienne ne font que s’aggraver au fil du temps…
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