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Majid Blal

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TE LANGUIR

Par Majid Blal

Tu me manques. Hbiba !

Je ne sais pas si ton esprit s'ennuie ou s'il est subversif ?
Ne pouvant s'occuper ailleurs, sans s'entêter à me damer ma quiétude, il se pointe le long de mes nuits où il s'acharne à débiter mon sommeil, en tessons et citations. Réveillant ma mauvaise conscience.

Te languir

Je me demande, si aimer un fantôme ne serait pas plus salvateur ? Au moins, les fantômes existent et disponibles quand on les interpelle. Alors que toi, tu n'incarnes que la sulfureuse dimension-tourments de ma souvenance. Ma peine, mon châtiment

Tu me manques.

Je sais que l'arbre est devenue une pirogue, que celle-ci ne peut redevenir le tronc qui tend vers le ciel ses bourgeons et qu'il tapisse de feuilles de l’émerveillement. On ne revient jamais en arrière, même avec des soupirs.

Quand nos attaches sont phagocytées par des turbulences et les coupures de courant, l'ombre s'échappe aux fuseaux et se profile à l'horizon.

Ton absence punitive

Tu sais! Je ne saurais le dire proprement, puisque je t'ai laissée m'abandonner, lorsque je n'ai pas su te retenir. Tu as du évacuer l'espace commun et planter les épitaphes sur tes souvenirs : Ci-git l'amour qui n'a pas su demeurer ni se fructifier
.
Tu me manques

Que de mirifiques sensuelles! Que de magnifiques corps, écumés et malaxés afin d'y diluer le spectre du tien. Sans jamais y parvenir. On ne se réapproprie jamais l'âme de quelqu'un en le traquant dans la chair des autres. Les autres! de banales silhouettes anonymes qui s'humilient au pied du socle de tes commémorations.

Te languir

Je ne peux que me lamenter tout seul. D'aucuns ne cernent le supplice de tes visites en rêve. D'aucuns n'appréhendent les saccages commis par la vulnérabilité. Cette coupable difformité du solide gaillard en apparence.

Nul lieu où s'abriter de ton absence.

Je ne serais jamais loin. J'ai voulu me déguerpir, quitter ce que j'ai laissé de moi en arrière et non pour te fuir.
J’avais, naïvement, cru être capable de me passer de toi en m'étourdissant dans l’univers.

Te languir.

Tu es dans toutes les images, dans tous les paysages, dans toutes les femmes et je suis le seul à t'y voir

Tu es ma disette.

Tu es dans tous mes mots. Les plus tendres et surtout les plus violents. Mes mots regimbent en syllabes cruelles comme s'expurgent les jurons, accablés, du marin qui ne sait revenir.

Tu es la concrétisation du verdict d'un mauvais jugement.
Partout, depuis que tu as construit l'enceinte qui protège ton présent de l'intrusion des ectoplasmes gluants des revenants.
Je suis un revenant qui erre dans les limbes de nos ailleurs.

Damnation et châtiment

Tu m'as légué un vide et je l'ai hérité puisque venant de toi.

Je te cherche dans le néant. Je te vois partout.
Tu t’es incarnée dans tout ce que ton image cajole pour s'y superposer : femme, ville, pays, identité... aux choix de tes sanctions et pénitences.

Te languir. Et tu ne le sais pas !

Je n'ai pas de regrets mais beaucoup de remords et tu ne le sais pas.

Majid Blal, Sherbrooke, 8 juin 2015

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